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FX Balléry


December 08 2012
Design

L'esprit d'entreprise(s)

Co - Fondateur de Ya pas le feu au Lac et Goodbye Edison

Diplômé du Royal College of Art de Londres et de l'ESAD de Reims, FX Balléry fonde en 2003 son agence dont l'activité englobe le design produit, le mobilier, la scénographie et le merchandising.
En 2010, il devient directeur artistique et co-fonde la jeune maison d’édition jurassienne Y’A PAS LE FEU AU LAC et la société GOODBYE EDISON éditrice de luminaires LED. Les deux maisons d'édition étaient présentées dès janvier 2011 sur le salon Maison et Objet, l'une sur le Hall 6, l'autre sur Now!Design à vivre.
Rencontre avec FX Balléry qui conjugue ces deux aventures et pour qui design rime avec histoires.

Vous êtes le co-fondateur et le D.A. de la maison d’édition ‘Y a pas le feu au lac’ située à Saint Julien dans le Jura.
FX B. : L’entreprise ‘Y a pas le feu au lac’ est à l'origine une entreprise familiale de tourneur tabletier. Nous nous sommes rencontrés avec Grégory et Marie Bodel grâce à l’entremise de notre banquier. Marie est la deuxième génération de cette entreprise familiale et souhaitait la moderniser, l’inscrire dans une nouvelle démarche créative et économique. De mon côté, j’envisage le design dans tous ses aspects, qu’ils aient trait à l’économie, l’innovation ou à la création. Je me suis demandé comment dynamiser cette entreprise de savoir-faire traditionnels et qu’est-ce que je pouvais apporter au-delà du design stricto sensu. Il se trouve que je suis jurassien, que je viens d’une famille de petits entrepreneurs et que les problématiques de l’entreprise m’intéressent. Nous avons donc mis en commun notre réseau, nos idées, nos forces et fondé la marque Y a pas le feu au lac, un clin d’œil à la Suisse frontalière de notre région.

Ce nom humoristique évoque aussi la temporalité.
FX B. : Oui, il suggère l’idée que nous ne sommes pas pressés face à la matière bois, laquelle se patine et gagne en noblesse avec le temps ... Cependant, nous n’échappons pas aux rythmes de production, à leurs accélérations , à la course contre la montre.

Vous évoquez dans votre communication des objets « imaginés par des designers du monde entier, qui sont une invitation à profiter et à contempler le temps qui passe, à vivre dans un environnement sain et apaisé. »
FX B. : La notion de production responsable est très importante et nous nous efforçons de faire dans ce domaine pour le mieux, sans pour autant que ce soit un axe de communication. Le respect de nos clients, de la qualité de nos produits, la provenance de nos matières nous poussent à faire attention. La notion du temps comme valeur est essentielle. Nos produits sont pensés, dessinés puis fabriqués. Cela demande du temps et de la réflexion. Même si nous travaillons sur deux collections par an. Quant aux designers que nous avons sollicité, ils sont issus pour la plupart de rencontres faites pendant mes années d’étude à Londres ou à Reims. Nous sommes heureux que des personnalités telles que Ed Carpenter ou Véronique Lemaire nous aient répondu et nous aient fait confiance. Les designers avec qui nous travaillons sont avant tout des complices et nous partageons des valeurs d’entente et d’amitié.

Vous éditez plutôt des objets, presque pas de mobilier et leur fabrication est-elle toujours en bois ?
FX B. : Nous avons développé plusieurs typologies d’objets. Des petits tabourets (Milk Stools), une série de boites (Mousquetaires), de plateaux (Plancha), de porte fruits (Fruit Boom)…. et nous travaillons à la réalisation de petit mobilier comme une table basse, des étagères ou un porte manteau que nous présenterons en janvier prochain. La problématique du mobilier est plus ambitieuse que celle de l’objet et il faut que notre outil de production soit adapté. Dans un second temps, nous envisageons de nous ouvrir à d’autres matériaux, à d’autres compétences. Il y a moyen de passer d’un savoir-faire à un autre. C’est passionnant, il y a encore beaucoup de territoires à explorer…

Goodbye Edison sas est une société française éditrice de luminaires contemporains qui fait appel à la technologie du LED, une démarche complexe, une technologie plus compliquée.
FX B. : Crée en janvier 2011 ‘Goodbye Edison’ développe un produit plus élitiste et plus onéreux aussi. L’univers de l’éclairage est bien plus compliqué que celui de l’objet, ne serait-ce que pour les normes luminaires européennes et internationales. Fabriquée en France par un réseau d’entreprises à fortes connaissances techniques et technologiques, la collection se compose d’une gamme d’objets lumineux réalisés en aluminium et équipés de câbles, d’interrupteurs et de transformateurs transparents (Les Fines, Up et Frame) et d’une gamme de luminaires en bois (Woody 01, 02 et 03).

A quoi fait référence le nom de la marque ?
FX B. : A la disparition symbolique de l’ampoule traditionnelle à filament puisque la technologie utilisée est celle du LED. C’est aussi un hommage à Edison à qui revient la paternité de l’électricité pour tous. Il s’agit également d’explorer d’autres formes que le duo archétypal abat-jour/ampoule, puisque la collection essaie d’imaginer la lumière autrement.

Vous signez seul ces deux collections pour ‘Goodbye Edison'
FX B. : Oui c’est avant tout pour optimiser le système de production, en effet c’est un peu une recherche permanente, il faut trouver des astuces, s’adapter aux possibilités de production. Il y a une intelligence de la mise en oeuvre à prendre en compte dans le dessin.
Il y a encore beaucoup de pistes à explorer et de choses à développer que ce soit pour Y’A PAS LE FEU AU LAC ou pour GOODBYE EDISON . C’est enthousiasmant, il faut être ambitieux, comme dit Oscar Wilde : "Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles"...


Plus d’infos :www.yplfl.com
www.goodbyeedison.com
www.fxballery.com
Propos recueillis par Cendrine de Susbielle

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