Back to the previous page

Pierre Charpin


March 09 2010
Design

Quali Cose Siamo

L’encyclopédisme surprenant d’Alessandro Mendini, sa passion infinie pour toutes les formes de la culture matérielle et le minimalisme poétique et conceptuel de Pierre Charpin seront au centre de cette version du Musée. L’exposition dévoilera un vaste monde d’objets parallèles à celui du design institutionnel. Des objets inusuels et inattendus dialogueront avec une sélection d’œuvres des « Maestri », d’artistes et de jeunes designers, offrant un témoignage inédit de la créativité italienne.
"L’objectif est une fois de plus celui de surprendre, de révéler", nous explique Silvana Annicchiaricchio, directrice du Musée.

Triennal Design Museum confirme ainsi sa nature de musée dynamique, à même de se renouveler sans cesse et d’offrir des regards et des points de vue inédits et diversifiés. Un organisme vivant et en mutation, capable de se mettre en discussion, de se démentir de s’interroger. En attendant de découvrir l’exposition le 26 mars à Milan, Pierre Charpin, qui en réalisera la scénographie, nous livre quelques anticipations. Entretien.

Vous travaillez avec Alessandro Mendini sur la troisième version du Musée de la Triennale de Milan. Pourriez-vous nous décrire le projet?

- Pierre Charpin: "Pour cette troisième version du musée de la Triennale, Alessandro Mendini a fait un choix très éclectique, surprenant, et inattendu par rapport a une représentation institutionnelle du design, comme l'était la seconde version du musée.
J'ai tout de suite pensé que ma proposition pour le projet de scénographie devait être très simple, essentielle pour mettre en évidence la singularité de la vision de Mendini. L'exposition présente plus de 600 objets, tous différents de par leurs qualité, leur provenance, leur matérialité, leur histoire, leur échelle....le parti pris à été de ne pas établir de hiérarchie entre ces objets, de ne pas établir de catégories, ni typologique, ni chronologique. L'idée est de proposer un vision très ouverte de cet ensemble d'objet, une vison presque non muséale, dans le sens classique du terme".

Comment avez-vous conçu la scénographie de l'exposition?

- Pierre Charpin: "Pour ce qui regarde le principe scénographique, j'ai opté pour un dispositif horizontal, presque a ras de terre, qui propose une vision du dessus des objets. Il consiste en des sortes d'estrades basses en bois clair qui présente des agglomérats très dense d'objets. La finalité est d'inviter le regard du visiteur à circuler et établir librement des associations entre les objets, suivant sa mémoire, son inspiration, son imagination, son humeur, sans qu'une lecture pré définit lui soit proposé ou imposé.
J'ai aussi volontairement laissé les grandes fenêtres de la salle en forme de fer à cheval, sans obturation, afin de laisser la vue sur le parc et la ville, comme pour ne pas isoler du monde environnent, les objets contenus dans le musée.
Dans l'entrée du musée, qui est une salle sans ouverture vers l'extérieur, le dispositif est plus spectaculaire. Il contient des objets de grandes dimensions. Il s'agit d'objets emblématiques. Il sont disposés dans une sorte de grande vasque en résine, de couleur jaune vif. Cette vasque peut évoquer la vasque d'une grande fontaine, comme on en trouve sur certaine place d'Italie, mais aussi suggérer une sorte de paysage à la De Chirico, quelque chose d'un peu métaphysique, dans un temps suspendu......"

Comment s'est-t' il défini le parcours? Il a été déterminé empiriquement par les objets ou vous avez plutôt regardé les objets à travers une idée d’exposition?

- Pierre Charpin: "Le parcours s'est définit très librement, car il ni a pas d'ordre chronologique ni typologique, ni thématique. il est tout de même fortement déterminé par l'espace du musée qui est constitué d'une grande salle à l'entrée et d'une longue salle en forme de fer a cheval. Mendini m'a donné comme seule indication le fait de placer à l'entrée du parcours de la salle en forme de fer a cheval, un dessin de bateau a coté d'un poème de Catullo, qui selon lui serait la trace du premier acte de design en Italie. Pour ce qui est des autres objets ils ont été placés de façon empirique, même si avec Mendini nous avons procédé a certains changements car il était intéressant de faire certain rapprochement afin de faire dialoguer certain objet".

Propos recueillis par Alessandra Fanari ©modemonline