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L’art des sneakers

category : highlights


Comme d’autres génies, il est parti, trop jeune, emportant son image de beauté maudite et sa réputation de playboy. Parmi ses conquêtes, une débutante appelée Madonna, des amitiés importantes et par dessus tout Warhol qui mourra juste après lui.

Mais plus de vingt ans plus tard, on parle encore de Jean-Michel Basquiat, père d'un expression artistique, conceptuelle et enragé, née dans la rue, qui conquit les galeries les plus prestigieuses.

Qu’une marque comme Reebok, symbole du sportswear depuis les années ’80 ait choisi, deux saisons de suite, les graffitis de cet artiste pour une série de chaussures en édition limitée, dans le cadre du projet Affili’Art né d’une collaboration avec la Fondation Basquiat, nous interpelle.

Si, pour l’automne/hiver 2009/2010, les modèles historiques tels les chaussures Top Down pour femme et les Ex-O-Fit pour homme, ont été décorés avec les œuvres de l’artiste, pour le printemps/été 2010 ce seront ses phrases incisives et les slogans qui l’ont rendu célèbre en tant qu’écrivain qui orneront les modèles.

Cette opération intrigue et impose une ou deux réflexions.
Tout d’abord, au delà des citations esthétiques et iconographiques superficielles, les années 80 nous ont laissé un héritage plus profond, des messages en provenance de la culture de la rue, de nouveaux ferments pour une fusion des arts, une envie de mélanger des mondes et des classes sociales à priori étanches.

Il est intéressant que ce soit une marque comme Reebok qui recueille cet héritage et que le résultat soit un sneaker « artistique », représentant un marché des accessoires qui change de cible.

Si, pour un temps les sneakers n’appartenaient qu’à l’uniforme sportif ou à la garde robe des adolescents, ils expriment désormais les goûts d’un public plus adulte qui, en plus de ce qu’il lit et écoute, veut arborer juqu’aux pieds son attirance pour l’intellectuel et le symbolique pour des produits transversaux et sophistiqués.

Stefano Guerrini