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Les poésies écologistes d'Alexander Brodsky

category : highlights
S'éloignant intellectuellement de la vision pro-technologique et futuriste de l'architecture, Alexander Brodsky propose des pavillons écologiques faits de matériaux de récupération détournés pour l'occasion.


Architecte, sculpteur reconnu et diplômé de l'Institut d'Architecture de Moscou en 1978, Alexander Brodsky a fait parti du groupe d'architectes russes "Paper Architects" avec lequel il batît dans les années 1980 une architecture de "dessins" où les projets les plus utopiques étaient imaginés sans jamais être réalisés.

Brodsky donne vie depuis à ses projets imaginaires et s'inscrit dans une époque où les préoccupations environnementales et de durabilité co-existent avec des idéaux technologiques en mal de standardisation.

Des débris quotidiens en quise de matériau

Dès les années 1990 aux Etats-Unis puis en Russie, attiré par l'univers de la ville et de sa propre destruction, Brodsky a mis les débris au coeur de son architecture et de ses processus de création et a ainsi signé plusieurs installations se servant de matériaux récupérés pour recréer des espaces nouveaux.
Il pousse depuis cette logique plus loin et propose depuis 2004 des pavillons écologiques qui marquent la consécration de cette démarche architecturale. En 2004, il édifie le "Pavillon pour la cérémonie de la vodka" à l'aide de fenêtres en bois d'une ex-usine textile moscovite. En 2006, la "Maison Taruga", construite près de Moscou, part d'une maison plus moderne revisité avec du bois de récupération. Infiniment poétiques, ces pavillons tout comme d'autres juchés près d'un lac moscovite font du recyclage et du détournement ses seuls impératifs.

Entre architecture de commande et d'usages

Les travaux de Brodsky montrent une apparente résistance à l'homogénéisation architecturale et au tout-béton. Ils contestent les projets conçus sans vision durable et invite à une poésie architecturale différente, en rupture avec l'architecture "corporate" mondialisée, qui se soustrait aux impératifs du futur sans garder en mémoire les restes du passé.
Brodsky propose ainsi une architecture alternative où le projet architectural est un projet social, autonome et responsable qui n'abandonnent pour autant jamais l'esthétisme.


Source et crédits photos : Connaissance des Arts - Numéro Mars 2010

David Choel ©modemonline